| Tribune de Geneve, merc. 27 Sept. 1997, p. 47 |
Un Phoenix genevois prend son envol On avait connu dans cette arcade la maison d'enchères Phillips, aujord'hui rue Ami-Lévrier. Fondu au noir. C'est un somptuex magasin d'antiques, Phoenix, qui a pris la relève, rue Verdaine. Sur fond gris ardoise émergent quelques rare pièces choisies. Un canope égyptien particulièrement fin. Une coupe en marbe des Cyclades. Un bas-relief Assyrien qu'on apprendra venir du palais d'Assurbanipal II. Comment des telels merveilles se trouvent-elles dans le commerce? Pourquoi Genève? Autant de questions qui méritent réponses. Pour les doner, Hicham Aboutaam joue la carte de l'ouverture. C'est après tout logique. Dans la conversation, qui se tiendra en anglais, il sera beaucoup question d' “open shop”. “J'ai grandi parmi les antiques”, explique notre interlocuteur, un géant affable a la vois feutrée. Normal. Son père en vendait. “Nous étions établis au Liban, qui est l'unique pays du Proche-Orient à autoriser le commerce des antiquités.” Survient la guerre, qui provoque l'exil en 1987. Hicham et sa famille se retrouvent en Amérique. Le voici maintenant en Suisse. Mais pourquoi Genève et non pas Bâle, qui reste la capitale européene de l'antique? Sourrie. “Je pourrais vous dire à cause due charme de la ville. J'avais aussi envie d'un choix moins attendu.” |
Le Premier choix A ce niveau de qualité, peu importe finalement l'emplacement du magasin. Les clients suivront toujours. “Je n'achète que des objets de premier choix. Le meilleur dans chaque catégorie. Cela ne signifie pas que le prix deviendra forcément le plus élevé.” Mais où de telles pièces se dénichent-elles? Hicham Aboutaam a trios source essentielles de ravitaillement, l'Angleterre, La France et La Suisse. “Vous ne soupçonnez même pas ce que peuvent contenir les collections helvétiques.” Les musées américains vendent aussi un peu. Mon interlocuteur n'achète en effet pas n'importe où. “Il est plus que jamais essential d'avoir une réputation parfaite.” L'ange d'Unidroit passé. “Si la convention est ratifiée par la Suisse, ce serait pour elle une grave atteinte sur le plan économique, culturel et moral.” Inutile de dire que le Phoenix s'en irait voler ailleurs. En attendant ce triste jour, quels clients la galerie espère-t-elle? L'oeil d'Hicham Aboutaam se radoucit. “Les vrais clients, biensur, mais aussi de simples visiteurs. J'aime bien que les gens sonnent et en trent sur un coup de Coeur.” L'achat, à des chiffres don't il ne sera jamais question dans la conversation, peut alors passer au second plan. Un curieux est justement en train de lorgner la vitrine. Mon vis-à-vis le presse d'entrer du gueste. Il détale comme un lapin. L'apprivoisement prendra encore un certain temps. E.D. Tribune de Geneve, merc. 27 Sept. 1997, p. 47 |
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