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Cypriot Picrolite Cruciform Idol
7.5 cm high
Cypriot Chalcolithic I period (3000 - 2500 B.C.)

A cruciform idol in the shape of a stylized, squatting woman (possibly squatting in childbirth?). The piece is made of picrolite, a type of steatite native to Cyprus, that has been highly polished to accentuate the pale, sea-green color of the stone and the clean lines of the abstracted human form. Numerous contemporary clay idols of this type are known, the cruciform design dating back to the 6th millennium B.C., but stone examples are much rarer. Among the stone idols, this particular one is distinguished by its unusually thoughtful details, such as its elegant lines, the presence of a mouth and the large, splayed feet with incised toes.

Published: Getz-Preziosi, Pat, "An Early Cypriote Sculpture", The J.Paul Getty Museum Journal, vol. 12/ 1984, fig. 3a,b.


Provenance: From a private UK collection.


A Caclydic Marble “Idol”

A Caclydic Marble “Idol”
Cyclades or the Aegean Islands (?), End of the 5th – 4th millennium
Dimension: Ht.13.0 cm

This statuette in white marble is most probably an Aegean work (the Cycladic Islands or Northern Greece?). Although the back of the piece is partially covered in calcified deposits, the figure is in a remarkably fine state of preservation, and one can easily examine the excellent quality of the work.

The neck is thin and cylindrical with the head tilted slightly forward: the prominent nose is the only facial characteristic that is well defined. The silhouette and the volumetric forms of the body recall the steatopygic images from the 6th or 5th millennia: the well rounded breasts, the thick folds of the belly, the prominent buttocks, the short, stocky legs.

Nevertheless, in comparison with the images from preceding periods, the forms are much less accentuated: these stylistic tendencies characterize these portly figurines from the final phase of the Neolithic in Anatolia and the Aegean.

Provenance: Ex-collection, Kevork-Essayan.


A Feminine Aragonite Statuette

A Feminine Aragonite Statuette
Northern Syria (Tell Bouqras?), 6th millennium B.C.
Dimension: Ht. 9.8 cm

Made out of a stone that is rarely seen, this figurine is unique for its genre. It represents a female seated in a strange position (she is seated on her right calf while her left leg is outstretched): the body is designed as a triangle of which the head represents the top like the tip of an arrow.

All the modeled forms are rounded and very generous like those on some steatopygic Neolithic figurines: the buttocks, the breasts and the belly are clearly exaggerated.

The details of the face are rendered by two simple incised lines. The posture, the forms and the face of this figure recall the terracotta statuettes from Haçilar, with which our statuette is contemporary.


Provenance: Ex-collection George Halphen.


GENERALITES (1-3)
 

Au Néolithique et à l’Age du Bronze Ancien, plusieurs cultures méditerranéennes ont produit des figurines humaines, généralement de petite taille, sculptées dans différents matériaux (terre cuite, pierre, plus rarement coquillage ou métal) ; elles ont rayonné au Levant, en Anatolie, dans les Balkans (1), en Grèce septentrionale (2) et dans l’Egée (3), en Sardaigne et jusqu’en Espagne.

La critique moderne les appelle «idoles», mais ce terme est à prendre comme une simple convention. Ces statuettes sont l’expression de sociétés simples, aux contacts peu fréquents avec d’autres communautés et qui ne connaissaient pas l’écriture. Malgré les recherches archéologiques récentes, il nous est presque impossible de connaître leur(s) signification(s) et les rapports qu’il pouvait y avoir entre les figurines des différentes régions.

Même si les spécificités régionales étaient très importantes, on admet aujourd’hui que ces « idoles » étaient destinées à la sphère funéraire et/ou religieuse. Leur typologie est extrêmement variable : de simples galets à peine taillés à des formes schématiques, à des femmes aux formes très arrondies (3), à des sculptures élancées et plus réalistes (2), etc.

1. Deux figurines féminines en marbre, Balkans, ht. 13,5 et 14,7 cm ; Ve millénaire.
2. Figurine en marbre, Grèce du nord ( ?), ht. 15,3 cm, Ve-IVe millénaire.
3. Figurine en marbre, Egée ou Grèce du nord, ht. 13 cm, Ve-IVe millénaire.


KILIA (4, 5)
 

Le type Kilia est nommé d’après une figurine provenant d’un site près de Gallipoli, dans le Chersonèse, sur le rivage européen du détroit des Dardanelles.

La forme de ces objets est très homogène et les différences de taille ne sont pas très marquées : la tête est ellipsoïdale et large, légèrement rejetée vers l’arrière ; les oreilles et le nez, parfois les yeux, sont indiqués plastiquement (4).

Le corps ressemble à un losange, avec un cou fin ; les bras pointus sont obtenus par une longue et profonde entaille qui part des hanches. Le pubis est indiqué par une incision triangulaire (5). La longévité de ces « idoles » est surprenante : apparues au tout début du IVe millénaire, les statuettes Kilia n’ont été totalement abandonnées qu’au milieu du millénaire suivant ; elles étaient répandues en Anatolie occidentale, en Troade et peut-être aussi en Thrace.

4. Tête d’une figurine de type Kilia, ht. 5,4 cm ; IVe millénaire.
5. Figurine de type Kilia, ht. 13,6 cm ; IVe millénaire.


CYCLADES (6)
 

Parmi les statuettes en pierre du Néolithique ou de l’Age du Bronze, les figurines en marbre des Iles cycladiques sont probablement les plus célèbres et les mieux étudiées.

Elles sont classées en deux groupes principaux : les figurines schématiques (parfois de simples galets de plage, parfois des formes un peu plus élaborées, qui rappellent nos violons) et les figurines plus naturalistes (6), dont les formes plastiques simples n’ont cessé d’intriguer les artistes et les spectateurs modernes.

Leur fonction précise demeure inconnue, mais il est certain qu’elles ont joué un rôle important dans le cadre religieux et funéraire de cette société : la culture qui les a produites a rayonné pendant le IIIe millénaire à travers l’Egée, non seulement sur les îles centrales, mais aussi sur les côtes du continent grec, de l’Anatolie sud-occidentale et jusqu’en Crète.

6. Tête de figurine cycladique, proche du type dit de Plastiras, ht. 5 cm. ; fin du IVe millénaire.

PENINSULE IBERIQUE (8)
 

En Ibérie, les « idoles » de l’Age du Bronze ont adopté une forme très simple : des plaquettes rectangulaires en pierre de dimensions variables, des os de bovin ou de cheval, des cylindres en pierre.

Les caractères anthropomorphes sont exprimés par des incisions indiquant la chevelure, les yeux, qui ressemblent à une roue à rayons, et des traits ondulés, que les archéologues interprètent comme des tatouages (8); il existe aussi des récipients en céramique ornés de la même façon, comme un visage.

Ces objets appartiennent à la première phase de l’Age du Bronze hispanique (IIIe millénaire) : la culture la plus connue de cette période est celle dite de Los Millares, qui tient son nom d’une nécropole du Sud de l’Espagne et qui s’est répandue jusqu’au Portugal.

Même s’il s’agissait d’une culture basée sur une économie agricole et pastorale, l’exploitation des métaux (étain, cuivre) était déjà connue et il est probable qu’il existait des contacts commerciaux avec les cultures de la Méditerranée centrale et orientale.

8. « Idole » ibérique, ht. 31 cm ; IIIe millénaire.  
 
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